École communautaire de Konan-Yaokro, une aubaine pour Mien-Moh

Je vous parle de Mien-Moh, une fillette de 6 ans qui parcourt 4 km pour se rendre à l’école !

Mien-Moh est une fillette de six (6) ans, née d’une famille de sept (7) enfants. Le Père, Konan Koffi Jean-Michel, quadragénaire, est un cacao-culteur. A ses côtés, l’élue de son cœur et mère de Mien-Moh, Kouamé Amoin Thérèse.

Tous, père – mère – enfants, vivent dans le campement de Blêlêkro, un hameau situé à 25 kilomètres de la ville de N’Douci, après Tiassalé, dans la région de l’Agnéby-Tiassa. Blêlêkro ou village de la patience en langue Baoulé, comme la plupart des campements et villages dans les zones cacaoyères (Binao, Bou-Kouassikro –Gbokokro), sont dépourvus de toute commodité en eau potable et électricité. Ne parlez pas d’établissement de santé, encore moins, d’infrastructures scolaires ! Pourtant, Mien-Moh, en âge d’aller à l’école, doit obligatoirement intégrer une classe et suivre les cours. C’est l’Etat ivoirien qui l’exige.

« L’école est obligatoire pour les enfants des deux (2) sexes », âgés de 6 à 16 ans. « L’Etat et les collectivités publiques assurent l’éducation des enfants. Ils créent les conditions favorables à cette éducation », article 10 de la Constitution ivoirienne.

Je vous parle de Mien-Moh, une fillette de 6 ans qui parcourt 4 km pour se rendre à l’école !

Mien-Moh est régulièrement inscrite en Cours préparatoire première année (CP1) pour le compte de cette année scolaire 2017-2018. Tous les matins des jours de cours, la frêle fillette de six se chausse de ses sandales pour aborder la route. Petit déjeuner à la sauvette, Mien-Moh prend des forces et s’arme de courage pour battre le pavé poussiéreux de deux (2) kilomètres de distance qui sépare son Blêlêkro natal à son école. Celle-ci étant située dans un autre campement du nom de Konan-Yaokro.

Père et mère, ainsi que les frères ne sont pas toujours disponibles pour la déposer les matins et la récupérer les soirs. Il faut travailler âprement les champs de cacao pour maximiser la production et augmenter le revenu de la famille. Les deux (2) tonnes habituelles à l’année ne suffisent plus, face aux charges familiales et aux coûts de la vie.  De la vie chère !

« Moi, mon papa ne m’a pas mis à l’école. Cela me fait mal. Donc je refuse de laisser mon enfant me suivre dans les champs et devenir planteur comme moi. Raison pour laquelle je l’ai inscrite au CP1. Tous les matins, elle marche deux kilomètres. C’est fatiguant pour une petite fille de son âge mais je n’ai pas le choix », sanglote le père, sa fille entre ses jambes.

Mien-Moh est une fillette de six (6) ans, née d’une famille de sept (7) enfants. Le Père, Konan Koffi Jean-Michel, quadragénaire, est un cacao-culteur. A ses côtés, l’élue de son cœur et mère de Mien-Moh, Kouamé Amoin Thérèse.

Mien-Moh et son père / Capture d’écran

Alors, Mien-Moh marche ! Avec ses camarades d’école, Mien-Moh marche à l’aller, Mien-Moh marche à son retour.  Mien-Moh marche tout simplement vers l’école communautaire, son école.  Mien-Moh marche naïvement à la rencontre de son avenir…

Je vous parle de Mien-Moh, une fillette de 6 ans qui parcourt 4 km pour se rendre à l’école !

Mien-Moh fréquente l’école communautaire de Konan-Yaokro. Modèle évoluée des ‘‘classes passerelles’’, les écoles communautaires ont pour vocation  justement d’apporter des réponses aux problèmes que rencontrent les enfants Mien-Moh dans les communautés de cacao.

A lire aussi : ‘‘Classe passerelle’’, une solution durable pour l’éducation des enfants en zones cacaoyères

En d’autres termes, quand une classe passerelle est construite dans un village où il n’existe pas d’école formelle, une seconde classe est bâtie l’année d’après, pour éviter que les enfants parcourent de longue distance. Avec l’implication de la communauté, dans l’élévation du bâtiment certes, mais surtout dans la prise en charge totale de l’enseignant bénévole.

Dans le cas d’espèce de cette zone, l’école primaire publique (la seule) la plus proche est située à quatre (4) kilomètres, dans le village de Yaobakro.

N’eut été l’école communautaire de Konan-Yaokro, Mien-Moh serait obligée de parcourir chaque matin six (6) kilomètres pour se rendre à l’école. Soit de Blêlêkro à  Yaobakro, en passant par Konan-Yaokro.

Ma foi, Mien-Moh ne serait jamais allée à l’école pour espérer avoir droit à une éducation de qualité, vectrice de meilleures chances dans la vie notamment en termes d’opportunités, de santé et de participation au processus politique de notre chère Nation, la Côte d’Ivoire.

A visionner aussi : Mieux comprendre les ‘‘classes passerelles’’

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*